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Dans son discours d’investiture, le 24 janvier 2019, et tout récemment au cours de la présentation de son programme d’urgence de 100 jours, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, nouveau Président de la République démocratique du Congo, a annoncé la libération des prisonniers politiques de même que le retour au pays des exilés politiques et d’opinion. Mais, cette mesure présidentielle salutaire ne viserait spécialement que ceux qu’on qualifie de «gros poissons», notamment Moïse Katumbi sur la photo d’illustration et Jean-Pierre Bemba. Alors que des milliers de Congolais lambda de la diaspora, comme le jeune Djodjo Kikunga Siama recherché pour atteinte à la sureté de l’Etat, semblent être complètement ignorés par le pouvoir de Kinshasa.

Eparpillés à travers le monde, ils sont nombreux ces Congolais victimes d’exactions et atrocités de l’ex-régime et sur qui des avis de recherche ont été lancés. A titre d’exemple, les responsables du Comité Laïc de Coordination (CLC), une structure de l’Eglise catholique, ont pendant un long moment vécu dans la clandestinité dans leur propre pays. Parmi ces personnes privées de liberté, Mme Léonnie Kandolo qui en a trop souffert. Raison pour laquelle une telle mesure doit non seulement concerner que des acteurs politiques célèbres, mais aussi des citoyens anonymes.

Dans le document intitulé «Programme d’urgence pour les 100 premiers jours du Chef de l’Etat», Félix Tshisekedi a, en effet, mentionné parmi les mesures sectorielles dans le domaine politique à la page 77, «la décrispation du climat politique par l’autorisation de retour des Exilés politiques et d’opinion». Dans son allocution faite à l’Echangeur de Limete, le Chef de l’Etat a aussi parlé de la libération imminente des prisonniers politiques. Beaucoup pensent notamment à Franck Diongo, Diomi Ndongala et Firmin Yangambi.

Au péril de leurs vies, des nombreux jeunes des mouvements citoyens tel que «Lutte pour le Changement» (LUCHA), avaient mené des actions de grande envergure, particulièrement dans la partie Est de la RDC (Nord-Kivu et Sud-Kivu) et dans la capitale pour l’instauration de la démocratie, de la paix et des libertés publiques. Bien plus, un grand nombre des combattants de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), parti cher au nouveau Président de la République, avaient fui le pays et s’étaient exilés en Europe, en Amérique et autres parties de la planète depuis l’époque de la Deuxième République caractérisée par la dictature et le règne sans partage du Maréchal Mobutu. Le nouveau pouvoir à Kinshasa devrait également se pencher sur leurs cas.

Les nouvelles autorités congolaises tiendront-elles compte du cri de détresse de ces milliers de compatriotes de la diaspora ? Wait and see.

 

James Mpunga Yende